Le Théâtre Kleber-Mélau à Lausanne a accueilli du 21 avril au 3 mai 2026 l’une des pièces les plus connues de Molière : Le Tartuffe. Parlant d’un faux dévot, cette comédie a servi de critique contre la religion et contre les faux et mauvais religieux qui abusaient de la bonté des gens. Interdite plusieurs fois, elle reste une des comédies les plus appréciées de Molière et c’est sous la direction de Jean Liermier que la pièce prit vie.
Le rideau s’ouvre sur le décor d’une riche maison, celle d'Orgon, un homme bon mais profondément naïf qui ne jure que par le nom de Tartuffe, un supposé homme d’église profondément pieux. Tout les membres de la maisonnée sont conscient de la supercherie excepté le maître de maison, aveuglé par les paroles du faux dévot. La pièce se termine avec la punition du Tartuffe, pris dans son propre piège.
Les décors étaient interactifs et certains murs pouvaient bouger, permettant aux comédiens de changer de pièces. Les costumes correspondaient très bien à l’époque et chaque tirades étaient respectées, même si les comédiens prenaient des libertés sur les mimiques. Le jeu était bon et le texte a pris vie sous mes yeux, permettant une véritable inclusion dans l’histoire.
Ce qui m’a le plus plu lors de cette représentation, c’est le travail du comédien du Tartuffe (Philippe Gouin), qui a incarné deux personnages, le sien mais également celui de Madame Pernelle. Il était difficile de voir qu’ils étaient joué par une seule personne, la voix et le jeu étaient parfaitement différents et donnaient un dynamisme différents, que j’ai spécialement apprécié.
Le Tartuffe
Mise en scène Jean Liermier
Assistanat à la mise en scène Katia Akselrod
Assistanat à la mise en scène dans le cadre du projet de transmission Luca Monteiro
Avec
Bénédicte Amsler Denogent
Mariane, fille du premier mariage d’Orgon et amante de Valère
Raphaël Archinard
Valère, amant de Mariane
Monsieur Loyal, huissier
Laurent, acolyte de Tartuffe
Gaspard Boesch
Cléante, frère d’Elmire
Philippe Gouin
Madame Pernelle, mère d’Orgon
Tartuffe, faux dévot
Muriel Mayette-Holtz
Dorine, suivante de Mariane
Gilles Privat
Orgon, mari d’Elmire
Raphaël Vachoux
Damis, fils du premier mariage d’Orgon
Christine Vouilloz
Elmire, seconde épouse d’Orgon
Voix
L’Exempt, officier de police envoyé par le Prince
Scénographie et costumes Rudy Sabounghi
Assistanat costumes Trina Lobo
Assistanat coiffure, maquillage et masque Emmanuelle Olivet Pellegrin
Lumières Jean-Philippe Roy
Univers sonore Jean Faravel
Accessoires Cam Ha Ly Chardonnens
Réalisation des costumes Trina Lobo, Marion Schmid, assistées de Zoé Piccand, Alicia Roch
Réalisation des corsets François Tamarin
Coiffures Fadila Adli
Construction décor Chingo Bensong, Laura Bottani, Baptiste Novello, Grégoire de Saint Sauveur, Christophe Reichel
Peinture décor Éric Vuille
Maquette 3D Julien Soulier
Réalisation numérique Alexandre Girardet, Solutionpixel
Régie générale et plateau William Fournier
Régie plateau Mitch Croptier
Régie lumière en passation Etienne Morel
Régie son en passation Sébastien Graz
Habillage Cécile Vercaemer-Ingles
Production Théâtre de Carouge – Genève
Coproduction Théâtre National de Nice – CDN Nice Côte d’Azur
Remerciements Bénédicte Amsler Denogent pour avoir prêté sa voix à Flipote, Optique Lamon Carouge, Régis Golay de Federal Studio
Création le 3 mars 2026 au Théâtre de Carouge à Genève.
JEAN LIERMIER — Formé à l’École Supérieure d’Art Dramatique de Genève, Jean Liermier – sans s’interdire des incursions dans le répertoire contemporain comme nous l’avons vu avec La Crise de Coline Serreau (2024) – cherche constamment à « revisiter les classiques » et à « les rendre accessibles à tous ». Il s’est ainsi d’abord lancé dans la mise en scène de textes du XVIIIe siècle avec Marivaux, de La Double Inconstance (1999) à La Fausse Suivante (2020), mais aussi du Grand Siècle avec Molière dont il crée notamment Le Malade imaginaire (2013), du XIXe siècle avec Musset (On ne badine pas avec l’amour en 2023), Kleist ou encore Rostand comme d’auteurs contemporains dont Roland Dubillard et Jean-Paul Wenzel. Il dirige depuis 2008 le Théâtre de Carouge, dont il a fait une « institution phare ».